Georges CLEMENCEAU (1841 - 1929), französischer Journalist und Staatsmann
Autogrammbrief an André Tardieu, Generalkommissar für französisch-amerikanische Kriegsangelegenheiten in Washington. St-Vincent sur Jard, 22. September 1922; 3 Oktavseiten auf einem Doppelblatt. Nutzungsfalten
Der alte Tiger erzählt am Abend seines Lebens eine pikante Anekdote, die er in seinem Kriegskabinett mit dem britischen Premierminister Lloyd George verbrachte und die vom Abzug der englischen Truppen unter der Führung von General Louis Franchet d'Espèrey während der Offensive an der Ostfront handelt.
„Also habe ich die Ausschnitte gelesen […], weil Sie mich darum gebeten haben. Als einziges möchte ich Sie daran erinnern, dass L. George [David Lloyd George, ehemaliger britischer Premierminister am Ende des Ersten Weltkriegs] eines Morgens in mein Büro kam, um mir mitzuteilen, dass er dem Kommandeur der unter Franchet d'Esperey operierenden britischen Truppen ein Telegramm geschickt habe, mit dem er ihn aufforderte, sich seinem Kommando zu entziehen. Dies ohne Diskussion, ohne Vorwarnung. Und warum? Denn Franchet hatte den englischen Truppen solche Befehle gegeben, die L. George nicht billigte. Sie erraten die Szene. Es war die schlimmste Krise des gesamten Krieges.
Nach den Ermittlungen musste L. George erkennen, dass F. d'Esperey die Vorwürfe nicht gemacht hatte. Doch durch die Affäre kam es zu einer Situation, in der die Engländer uns bald im Stich ließen. Auf diese Weise habe ich die englischen Truppen aus Franchet d'Esperey „abgezogen“. Dies gilt natürlich nur für Sie (…). PS: Ich frage mich, ob es nicht Bouillon oder Briand waren, die die Inspiration für die Szene von L. Georges in Versailles über Franchet d'Esperey waren, den ich später entließ (Notizbücher von Pétain). Diese beiden Herren schätzten mich nach ihren eigenen Maßstäben ein und gaben mir gegenüber sogar zu, dass ich wollte, dass wir in Asien geschlagen werden. Es war in der Tat kühn, einen entlassenen General einzustellen. Was hätte man nicht gesagt, wenn wir besiegt worden wären? Das Gegenteil ist passiert. Doch die fatale Eitelkeit des Generals (der nicht ohne militärische Qualitäten ist) sah etwas noch Grandioseres. Er brauchte einen Blitz, der ihn an Fochs Stelle gebracht hätte. Angenommen, er hätte dies tun können – was ich nicht glaube –, so boten ihm die Ereignisse keine Gelegenheit dazu. Das ist es, was er mir nicht verziehen hat. »
In diesem bemerkenswerten Brief bezieht sich Clemenceau auf die Expedition der alliierten Armeen nach Saloniki unter der Führung von General Louis Franchet d'Espèrey. Zu dieser riesigen Armee gehörten 157.000 Griechen, 119.000 Serben, 43.000 Italiener und 138.000 Briten. Trotz der Schwierigkeiten, die ihm die Forderungen der Alliierten bereiteten, errang er nach vierzehn Tagen einen Sieg über die deutschen und bulgarischen Truppen. Der Waffenstillstand wurde am 29. September 1918 unterzeichnet und beendete die Ostfront.
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Georges CLEMENCEAU (1841 - 1929), journaliste et homme d'Etat français
Lettre autographe signée à André Tardieu, commissaire général aux affaires de guerre franco-américaines à Washington. St-Vincent sur Jard, 22 septembre 1922; 3 pages in-8° sur un double feuillets.
Pliures d'usage
Le vieux tigre, au soir de sa vie, conte une anecdote savoureuse passé dans son cabinet de guerre avec le premier ministre britannique Lloyd George, à propos du retrait des troupes anglaise sous
l'autorité du général Louis Franchet d'Espèrey durant l'offensive sur le front d'Orient.
« J'ai donc lu les coupures […] puisque vous me l'avez demandé. Le seul résultat est de vous rappeler que L. George [David Lloyd George ancien premier ministre britannique à la fin de la première
guerre] entra un matin dans mon cabinet pour m'annoncer qu'il avait télégraphié au commandant des troupes britanniques opérant sous Franchet d'Esperey de se soustraire au commandement de ce dernier.
Cela sans discussion, sans avertissement préalable. Et pourquoi ? Parce que Franchet avait donné tels ordres aux troupes anglaises, que n'approuvait pas L. George. Vous devinez la scène. Ce fut la
plus grave de la guerre.
Enquête faite, L. George dut reconnaître que F. d'Esperey n'avait pas fait ce qu'il lui reprochait. Mais à la suite de l'affaire, la situation devint telle que les Anglais ne tardèrent pas à nous
lâcher. Voilà comment j'ai « retiré » les troupes anglaises à Franchet d'Esperey. Ceci pour vous seul, bien entendu (…). P.S. Je me demande si ce ne serait pas Bouillon ou Briand qui auraient inspiré
la scène de L. Georges à Versailles à propos de Franchet d'Esperey que j'aurais après limogé (carnets Pétain), ces deux messieurs me jaugeant à leur mesure, m'avouent, en effet, que je voulais nous
faire battre en Asie. C'était, en effet, de l'audace de prendre un général limogé. Que n'aurait-on pas dit si nous avions eu le dessous ? C'est le contraire qui arriva. Mais la vanité fate du général
(qui n'est pas sans qualités militaires) voyait plus grandiose. Il lui fallait un coup de foudre qui l'eut mis à la place de Foch. Supposé qu'il l'eut pu faire - ce que je ne crois pas - l'occasion
ne lui en fut pas offerte par les évènements. C'est ce qu'il ne me pardonna pas. »
Dans cette remarquable lettre, Clemenceau fait allusion à l'expédition des armées alliées à Salonique dirigée par le général Louis Franchet d'Espèrey. Cette vaste armée comprend 157000 grecs, 119 000
serbes, 43 000 italiens et 138 000 britanniques. Il obtient la victoire face aux troupes allemandes et bulgares au bout de quatorze jours malgré les difficultés rencontrés face aux exigences des
alliés. L'armistice est signé le 29 septembre 1918 mettant fin au front d'Orient.
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